Le marché de l'automédication confirme son réveil
Publié par La Pharmacienne le Avril 21 2009 09:28:14
Cette fois-ci, le marché français de l'automédication semble reparti pour de bon. Après des années de stagnation, voire de léger déclin, les ventes de médicaments achetés...

Nouvelles étendues

Cette fois-ci, le marché français de l'automédication semble reparti pour de bon. Après des années de stagnation, voire de léger déclin, les ventes de médicaments achetés sans ordonnance ont progressé de 4,4 % en France l'an dernier, à 1,9 milliard d'euros.

« La dynamique amorcée en 2006 se confirme , observe Pascal Voisin, responsable de ce secteur à l'institut d'études IMS Health. Elle devrait se poursuivre à un rythme encore supérieur cette année. » Les 423 millions de boîtes de médicaments de prescription facultative écoulées représentent 13 % des ventes pharmaceutiques totales en volume et 6,1 % en valeur.



Les produits que les patients ont achetés sans ordonnance appartiennent à deux catégories. D'une part, les produits non remboursables, comme le Nurofen ou le Fervex. Leur prix est libre et varie selon les pharmacies en fonction des conditions commerciales négociées entre les fabricants et les distributeurs. D'autre part, les médicaments remboursables, comme le Doliprane ou l'aspirine Upsa. Vignetté, leur prix est fixé par le gouvernement, il est donc le même partout. « Ils progressent de 6,5 %, encore plus vite que les produits remboursables » , note Pascal Voisin.

La progression de 2007 s'explique d'abord par une forte « pathologie hivernale » . Grippes, rhumes et autres toux ont stimulé les ventes. Mais le marché est aussi porté par la « dynamique propre » des marques « à forte notoriété » , promues par la publicité auprès du grand public - autorisée uniquement pour les produits non remboursables. Les 95 nouveaux produits lancés en 2007 expliquent plus de 60 % de la croissance du marché, selon IMS. Il s'agit parfois de nouvelles molécules, comme l'antifongique Lamisilate de Novartis ou Strefen, un anti-inflammatoire de Reckitt Benckiser. Mais, le plus souvent, les nouveaux produits ne sont que des variations sur des marques connues, comme une pastille de nicotine au goût différent.

Bientôt le libre-service

Pour stimuler encore le marché, les industriels placent beaucoup d'espoirs dans le passage de certains médicaments devant le comptoir des pharmacies, qui devrait être autorisé dès cette année. Aux yeux de Jean-Michel Pény, le président de Smart Pharma Consulting, il s'agit pourtant d'une « grande illusion » . Le libre accès ne devrait en effet apporter que 1 point de croissance supplémentaire d'ici à 2010, soit moins de 60 millions d'euros de revenus en plus, dit-il. Certes, les volumes progresseront mais cet effet positif sera partiellement annulé par la baisse des prix. De plus, « beaucoup de pharmaciens ne voudront pas proposer de médicaments en libre-service » , prédit le consultant. D'autres ne pourront offrir une large gamme devant leur comptoir faute de place. « Le changement de comportement d'achat des consommateurs ne s'opérera que de manière très progressive » , estime le président de Smart Pharma Consulting.


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