Une forme rare de cancer du sein : le carcinome papillaire intra-kystique
Publié par Rosette le Juin 22 2009 14:26:36
Le cancer du sein papillaire intra-kystique (KSPI) est une tumeur rare du sein, englobée bien souvent dans les cancers canalaires in situ (CCIS). Son diagnostic est difficile...

Nouvelles étendues

Le cancer du sein papillaire intra-kystique (KSPI) est une tumeur rare du sein, englobée bien souvent dans les cancers canalaires in situ (CCIS). Son diagnostic est difficile, c’est pourquoi il est utile d’en connaître les caractéristiques cliniques et biologiques. Elles sont précisées dans cette étude à partir d’une série de 14 opérés japonais (13 femmes de 36 à 84 ans et un homme de 70 ans).

Ces 14 cas ont été recensés à partir d’une base de données de 2 700 cancers du sein (0,5 %). Des analyses immuno-histochimiques qualitatives et quantitatives pour les récepteurs œstrogéniques (RO), progestéroniques (RP), pour le gène p53 et pour les récepteurs HER-2 ont été réalisées.
Treize des malades ont consulté par ce qu’ils avaient constaté l’apparition d’une masse, la dernière à l’occasion d’un dépistage. La tumeur était constituée d’une partie solide (en moyenne 12 mm), de forme régulière ou non, et d’une portion kystique (en moyenne 4 cm).

Douze mammographies ont révélé 11 tumeurs, dont 7 d’aspect homogène et 4 d’allure irrégulière ; dans 4 cas, il existait des calcifications. La résonance magnétique nucléaire a montré 3 images évocatrices de cancer chez les 3 malades qui en ont bénéficié. La cytoponction, pratiquée chez 8 malades, a révélé des frottis suffisamment suspects pour proposer une biopsie au tru-cut chez 5 d’entre elles, cette biopsie ayant été pratiquée d’emblée chez 5 autres. Sur ces 10 biopsies, 6 ont été assez formelles pour affirmer le KSPI, mais, chez les 4 autres, ce diagnostic n’a pu être porté qu’à l’issue de la biopsie chirurgicale. Une malade (celle de 84 ans) n’a pas eu d’examen histologique préopératoire et a été opérée d’emblée.

L’intervention a été une mastectomie totale (6 fois) ou partielle, et un curage axillaire a été pratiqué 5 fois, cependant que 4 malades ont eu une biopsie de ganglion sentinelle. Le liquide à l’intérieur du kyste s’est révélé séreux ou sanglant. Histologiquement, le KSPI était infiltrant dans 2 cas et des lésions de CCIS ont été retrouvées dans 3 autres au voisinage du KPSI. Un seul ganglion (sentinelle) a été retrouvé envahi. Les RO et RP ont été retrouvés positifs dans 100 et 93 % des cas, alors que HER-2 et p53 l’étaient bien plus rarement (21 et 14 %). Le traitement post opératoire a comporté du tamoxifène toujours et de la radiothérapie sur 3 des 8 quadrantectomies. Au terme d’un suivi régulier, 13 des malades survivent et le seul décès observé n’est pas imputable au KSPI.

Dr Jean-Fred Warlin