Taux de survie des grands prématurés : comparer ce qui est comparable !
Publié par Administrateur le Juin 23 2009 10:53:36
En Europe, les taux de survie des grands prématurés varient d'un pays à l'autre. Les chiffres recouvrent en fait des réalités différentes, comme le montre bien l'étude...

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En Europe, les taux de survie des grands prématurés varient d'un pays à l'autre. Les chiffres recouvrent en fait des réalités différentes, comme le montre bien l'étude MOSAIC (Models of OrganiSing Access to Intensive Care for very preterm births).

En 2003, MOSAIC a recensé toutes les issues de grossesse entre 22 et 32 semaines dans dix régions européennes (appartenant à 9 pays différents), y compris les interruptions médicales de grossesse (IMG) et les morts foetales (MF), « de l'utérus à l'unité néonatale ».

La contribution des régions a été inégale, mais les résultats ne sont pas pondérés. Concernant la France, l'Ile-de-France a effectué 21 % des inclusions (1 532/7 222).
Selon les régions, les enfants vivants à la sortie de néonatologie représentaient de 48 % -en Ile-de-France- à 75% -en Hesse- de toutes les issues de grossesse, la moyenne étant de 58,5 %. En effet, les proportions d'IMG et de MF variaient beaucoup d'une région à l'autre.
La part des IMG pour malformation congénitale s'échelonnait de 0,5 % en Pologne à 17,6 % en France. (En contrepartie, les décès en salle de naissance culminaient à 9 % aux Pays-Bas et les décès en néonatologie à 25 % en Pologne).

Dans la population restant après l'exclusion des IMG pour malformation, l'âge gestationnel apparaissait comme un facteur déterminant du taux de survie. Dans l'ensemble, sortaient vivants de néonatologie moins de 2 % des foetus de 22-23 semaines, environ 50 % des foetus de 24 à 27 semaines, et 83,5 % des foetus de 28 à 31 semaines.

Les foetus ayant échappé à la MF in utero risquaient encore de mourir en salle de naissance ou dans l'unité néonatale. En dessous de 28 semaines, le lieu de prédilection du décès était, selon les régions, tantôt la salle de naissance, tantôt l'unité néonatale. Ainsi, parmi les foetus de 22-23 semaines, vivants au début de l'accouchement, les admissions dans une unité néonatale allaient de 0 % aux Pays-Bas et 2,9 % en France à 80 % en Pologne.

Cette segmentation de la mortalité entre 22 et 32 semaines de terme permet de comprendre que, pour des raisons administratives et éthiques, le dénominateur qui sert à calculer les taux de mortalité n'est pas partout identique. Il serait donc erroné de croire que les taux de survie des très grands prématurés ne dépendent que des soins périnataux (accessibilité et qualité).

Comment arriver à comparer des choses comparables ? Les auteurs citent quatre conditions : 1) standardiser l'enregistrement des issues de grossesse, 2) prendre comme population de base (à mettre au dénominateur) les foetus vivants au début de l'accouchement, 3) analyser les résultats par tranches de terme, et, peut-être, 4) exclure de l'analyse les foetus porteurs de malformations létales.

Draper ES et coll. : Investigating the variations in survival rates for very preterm infants in 10 European regions : the MOSAIC birth cohort. Arch Dis Child Fetal Neonatal Ed 2009; 94 : F158-F163