Surveillance du cancer de la vessie : beaucoup d’impact sur la vie sexuelle
Publié par le Septembre 16 2009 04:05:36
Le cancer de la vessie (KV) représente 5 % des cancers et suppose, dans sa forme urothéliale la plus courante, une surveillance cystoscopique très régulière...

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Le cancer de la vessie (KV) représente 5 % des cancers et suppose, dans sa forme urothéliale la plus courante, une surveillance cystoscopique très régulière (avec éventuellement résections itératives et instillations ) qui est ressentie par les malades comme lourde et angoissante. Autant il a été démontré que la cystectomie altère la fonction sexuelle, autant le retentissement sur cette dernière de soins sur vessie en place pour tumeurs n’envahissant pas le détrusor a été peu étudié. C’est ce qu’ont fait les auteurs chez des malades dont le diagnostic de KV était récent et qui étaient confrontés à la perspective de cystoscopies répétées.

Les 142 malades porteurs de lésions pTa ou pT1 ont été soumis à un questionnaire au début de leur surveillance s’enquérant de leur âge, sexe, exposition au tabac, antécédents médicaux et traitements déjà appliqués. Les cystoscopies étaient pratiquées avec un cystoscope rigide chez la femme, souple chez l’homme, mais toujours enduit de gel anesthésique. Les patients ont évalué eux-mêmes leur état général au moyen d’une échelle visuelle analogique. Quant à l’activité sexuelle, elle était renseignée par des questions sur la performance (érection, éjaculation chez l’homme, lubrification chez la femme), sur la libido, le degré d’activité et la crainte de faire mal au partenaire. Il y avait 4 réponses possibles par question (pas du tout, un peu, assez, beaucoup).

Sur les 142 patients, 87 étaient sexuellement actifs avant le diagnostic dont 70 hommes sur 105 (67 %) et 17 femmes sur 37 (46 %). Les hommes sexuellement actifs avaient en moyenne 66 ans vs 72 pour les inactifs. Les malades qui conservaient une activité sexuelle évaluaient leur état général de santé beaucoup plus favorablement que les autres.

Quoique, parmi les 87 malades ayant conservé une activité sexuelle, un trouble érectile soit mentionné par 55 % des 70 hommes et une sécheresse vaginale par 45 % des 17 femmes, 77 des 87 malades ont reconnu conserver un intérêt pour le commerce charnel avec leur partenaire. Mais la crainte de « faire mal » retenait 19 % d’entre eux (hommes et femmes), cette proportion étant majorée chez les hommes non sexuellement actifs.

Quand on compare ces réponses à celles d’individus de même âge et sexe, sans KV, on s’aperçoit d’une prévalence de troubles très augmentée chez les porteurs de tumeurs vésicales, (54 vs 35 %), sans qu’on ait pu mettre en évidence un facteur les favorisant.

Dr Jean-Fred Warlin

Van der Aa MN et coll. : Sexual function of patients under surveillance for bladder cancer. BJU International 2009;104:35-40.