Prévalence élevée des cardiopathies sous-jacentes pour les embolies pulmonaires
Publié par La Pharmacienne le Septembre 23 2009 01:15:56
Des auteurs italiens ont cherché à préciser la contribution des cardiopathies dans la survenue de l’embolie pulmonaire, isolée ou accompagnée de thrombose veineuse profonde...

Nouvelles étendues

Des auteurs italiens ont cherché à préciser la contribution des cardiopathies dans la survenue de l’embolie pulmonaire, isolée ou accompagnée de thrombose veineuse profonde (TVP) au moyen d’une étude transversale menée chez 11 236 patients âgés de 60 ans et plus, hospitalisés entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2006 et chez lesquels un diagnostic d’embolie pulmonaire avait été posé.


Chez les 9 079 patients ayant eu une embolie pulmonaire sans TVP, la prévalence d’au moins une pathologie cardiaque était de 35,7 % ; elle était de 30,9 % en cas d’embolie pulmonaire avec TVP périphérique symptomatique (n = 2 157 patients).


Après ajustements sur l’âge, le sexe, l’existence d’un diabète, d’une HTA, d’une bronchopneumopathie obstructive chronique, l’odds ratio (OR) pour l’existence d’au moins une affection cardiaque était, pour la comparaison embolie pulmonaire isolée/embolie pulmonaire + TVP, de 1,26 (IC à 95 % 1,13-1,40). L’OR était également augmenté dans les sous-groupes de malades dont l’embolie pulmonaire avait été classée « secondaire » (associée à une intervention chirurgicale, à un cancer, à un traumatisme, à une fracture) ou « non provoquée » (cas restants). Lorsque l’analyse était limitée aux patients sortis en vie de l’hôpital, l’OR pour une cardiopathie en cas d’embolie pulmonaire sans TVP était de 1,30 (1,16-1,47). Il est à noter que la mortalité en cours d’hospitalisation a été plus élevée pour les patients dont l’embolie pulmonaire n’était pas associée à une TVP ((30,5 % vs 12,8 %).


Parmi les cardiopathies impliquées figurent : les cardiomyopathies toutes causes (2,31 ; 1,37-3,89), l’insuffisance cardiaque toutes causes (1,82 ; 1,45-2,27), la maladie coronarienne (1,28 ; 1,08-1,52), la fibrillation ou le flutter auriculaires (1,28 ; 1,08-1,51).


Cette étude, transversale, montre, chez les 60 ans et plus, une association entre cardiopathies et embolie pulmonaire isolée, suggérant que les cardiopathies associées de façon étayée aux thromboses auriculaires et ventriculaires gauches ainsi qu’au risque d’AVC embolique et au risque d’embolie systémique, pourraient contribuer aussi aux risques de thrombose intracardiaque droite et d’embolie pulmonaire. Elle ne permet cependant pas d’affirmer de relation causale.


Les résultats restent à préciser par des études prospectives.




JIM: Prandoni P et coll. Prevalence of heart diseases in patients with pulmonary embolism with and without peripheral venous thrombosis