Bientôt des crèmes contre l'impuissance
Publié par hammar le Septembre 25 2009 17:08:37
Elles seraient efficaces rapidement en application locale sans les effets secondaires des médicaments...

Nouvelles étendues

Elles seraient efficaces rapidement en application locale sans les effets secondaires des médicaments.

Les millions d'utilisateurs de Viagra et de ses concurrents (Sialis, Levitra) vont sans doute être contents d'apprendre qu'une nouvelle méthode galénique a été mise au point par les chercheurs de l'Albert Einstein College of Medicine de l'université Yeshiva (États-Unis) pour améliorer les performances de leur médicament favori contre l'impuissance tout en en évitant les effets secondaires indésirables.

Ils décrivent leur innovation pharmacologique dans la dernière édition du Journal of Sexual Medicine (18 septembre 2009) : il s'agit de nanoparticules, c'est-à-dire de minuscules bulles grosses ­comme des grains de pollen et capables d'embarquer de petites quantités de substances actives contre l'impuissance masculine, qu'il s'agisse de monoxyde d'azote, de Viagra ou de Cialis.

Surtout, ce serait le premier traitement local non invasif contre l'impuissance : c'est-à-dire une crème ou une pommade à appliquer sur la verge, et dont les nanoparticules passent la barrière cutanée. Elles vont alors directement dans les corps caverneux et les vaisseaux sanguins. Là, les substances pharmacologiquement actives sont libérées par les nanoparticules et elles vont, en inhibant certaines enzymes, favoriser la relaxation des vaisseaux sanguins lors d'une excitation sexuelle.

D'abord testé avec succès sur une vingtaine de rongeurs ayant une dysfonction érectile (impuissance) expérimentale, le nouveau système pourrait éviter chez l'homme les effets secondaires habituels de ces produits dont l'usage est de plus en plus courant. Les utilisateurs se plaignent de rougeurs du visage (flushing), de maux de tête fréquents, plus rarement d'étourdissements, de troubles de la perception visuelle des couleurs ou de photosensibilité accrue. Des cas de troubles de la vue de plusieurs heures ont été rapportés, et des érections excessives et douloureuses (priapisme) en cas de surdosage.

Par ailleurs, les comprimés des médicaments de cette classe sont contre-indiqués chez les cardiaques ou les insuffisants coronaires qui prennent sur ordonnance médicale des dérivés nitrés ou des substances libérant du monoxyde d'azote (en particulier les médicaments à base de nitroglycérine). Prendre des comprimés de Viagra en même temps que ces médicaments peut renforcer dangereusement leur effet, provoquer une chute de tension ou un collapsus circulatoire.

Pas de toxicité suspecte

Mais ce n'est pas tout : «Entre 30 et 50 % des patients atteints de dysfonction érectile ne répondent pas à une prise orale des médicaments de cette classe», estime un des auteurs de l'étude, le Dr Kelvin Davies, urologue à l'Albert Einstein. Jusqu'à présent, les formulations de crème ou de pommade classiques à base de Viagra ne se sont pas montrées très efficaces.

Il n'en est pas de même pour cette nouvelle crème expérimentale aux nanoparticules qui a donc été testée sur trois groupes de rongeurs. Les uns ont reçu des nanoparticules contenant seulement du monoxyde d'azote (NO), d'autres un mélange de NO et d'un médicament de l'impuissance (la sialorphine), et le troisième groupe du Cialis (concurrent du Viagra). Tous les rats du second et du troisième groupe ont amélioré leur fonction érectile en quelques minutes après l'application locale. Alors que les comprimés de Viagra ou de Cialis peuvent mettre trente minutes à une heure pour faire effet. Des examens des tissus cibles des animaux sacrifiés n'ont pas montré de signes d'inflammation ou de toxicité suspectes.

Dans les mois qui viennent, l'équipe américaine poursuivra ses études animales pour définir le profil de sécurité et les doses efficaces de ces crèmes. Si celles-ci sont toujours positives, les essais cliniques humains seraient programmés, mais pas avant plusieurs années. Les chercheurs rappellent qu'entre la preuve de concept sur l'animal et l'autorisation d'un médicament sur l'homme, il se passe souvent près d'une dizaine d'années. Les futurs volontaires n'ont qu'à s'armer de patience.


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