Facteurs de risque d’hyperglycémie en réanimation pédiatrique
Publié par La Pharmacienne le Décembre 03 2009 15:50:17
L’hyperglycémie est fréquente chez les patients en réanimation les plus sévèrement atteints. Le contrôle étroit de la glycémie semble pouvoir améliorer la morbidité...

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L’hyperglycémie est fréquente chez les patients en réanimation les plus sévèrement atteints. Le contrôle étroit de la glycémie semble pouvoir améliorer la morbidité et la mortalité des adultes bien que les articles publiés fournissent des résultats contradictoires. Par ailleurs, chez l’enfant, les données sont très rares.


Des auteurs d’Atlanta ont examiné les résultats d’un protocole de contrôle de la glycémie par insuline, mis en place depuis 3 ans. Les patients médicaux et chirurgicaux les plus sévères avaient des dosages de glycémie 2 fois par jour et de l’insuline IV était administrée lorsque la glycémie était supérieure à 140 mg/dl (7,75 mmol/l) sur 2 dosages en 1 à 2 heures. En 12 mois, 957 enfants de plus de 6 mois et de poids x05; 5 kg, à l’exclusion des insuffisances hépatiques et des diabètes, ont été suivis. Parmi ceux-ci, 280 remplissaient un ou plusieurs des critères de contrôle de la glycémie : ventilation artificielle, traitement vasopresseur, insuffisance rénale : 155 (55 %) d’entre eux ont reçu de l’insuline.


Les risques d’hyperglycémie augmentaient avec le nombre de facteurs de risque. Pour ceux dont l’état nécessitait la ventilation artificielle seule, 28 % ont eu une hyperglycémie (HG) avec un risque relatif (RR) de 14 ; pour ceux sous vasopresseurs seuls, 53 % ont eu une HG avec un RR de 26. Enfin, parmi ceux recevant les deux types de traitement, 88 % ont eu une HG (RR 44) ; s’il s’ajoutait une insuffisance rénale, le taux d’HG était de 92 % (RR 46). La totalité des malades nécessitant une oxygénation extracorporelle par membrane (ECMO) avaient une hyperglycémie (RR 50). Les risques d’HG étaient comparables chez les malades médicaux et chirurgicaux.


La glycémie des patients mis sous insuline était en moyenne de 199 +/- 64 mg/dl (11 mmol/l+/-3,5). L’insulinothérapie a duré en moyenne 6,3+/-4,1 jours, avec un débit maximum de 0,09 U/Kg/h pour maintenir les glycémies entre 4,4 et 7,7 mmol/l. Parmi les 155 patients traités, 63 % étaient médicaux, 37 % chirurgicaux sans différence de glycémies et de besoins en insuline. Cependant, les besoins en insuline et la durée de l’hyperglycémie ont été plus élevés en cas de neurochirurgie et d’infection. La durée et la sévérité de l’HG et les besoins en insuline étaient en corrélation avec la sévérité de la maladie évaluée par des scores et la durée du séjour en réanimation.


Au total, la sévérité de l’HG et sa durée sont en corrélation avec le diagnostic et la sévérité de la maladie.


Pr Jean-Jacques Baudon, JIM

Preissig CM. : Pediatric critical illness hyperglycemia : risk factors associated with development and severity of hyperglycemia in critically ill children. J Pediatr 2009; 155: 734-9