Méniscectomie or not méniscectomie dans la gonarthrose ?
Publié par La Pharmacienne le Avril 29 2010 09:46:32
Des lésions méniscales sont retrouvées à l’IRM dans 80 % des cas de gonarthrose. Pour autant, l’indication du traitement de ces lésions reste problématique. La méniscectomie partielle arthroscopique (MPA) peut apporter une amélioration immédiate (à laquelle le lavage articulaire que comporte l’arthroscopie n’est peut être pas étranger) mais est susceptible de favoriser une chondrolyse accélérée. Peut être faut-il alors mieux cibler les genoux à opérer ?

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Des lésions méniscales sont retrouvées à l’IRM dans 80 % des cas de gonarthrose. Pour autant, l’indication du traitement de ces lésions reste problématique. La méniscectomie partielle arthroscopique (MPA) peut apporter une amélioration immédiate (à laquelle le lavage articulaire que comporte l’arthroscopie n’est peut être pas étranger) mais est susceptible de favoriser une chondrolyse accélérée. Peut être faut-il alors mieux cibler les genoux à opérer ?


Les auteurs de cet article ont ainsi émis l’hypothèse que la MPA donnerait les meilleurs résultats, quand les symptômes sont directement rattachés à la lésion méniscale, et de moins bons résultat en cas de symptômes liés à la gonarthrose.


En se basant sur des avis d’experts, ils ont donc sélectionné des signes cliniques et IRM orientant ou non vers une souffrance d’origine méniscale (luxation méniscale, rupture méniscale verticale, épisodes de blocages, œdème osseux, …) une probabilité a priori d’être associé à une souffrance méniscale étant attribuée à chaque signe. Puis a partir d’un modèle mathématique reposant sur le théorème de Bayes, les auteurs ont tenté de déterminer quelle association de signes avait la meilleure probabilité a posteriori d’aboutir à un bon résultat après MPA.


Bien évidemment, plus les signes sont évocateurs d’une lésion méniscale et plus l’amélioration théorique est au rendez-vous ! Pour ces patients l’amélioration a été évaluée à au moins 24 points sur l’échelle IKDC (International Knee Documentation Committee ; 0 à 100 points).


Au total, ce travail théorique permet surtout de définir certaines bases pour de futures études prospectives évaluant la MPA en définissant les groupes de patients a priori bons répondeurs. Le problème principal de cette étude est l’hypothèse de départ très critiquable car rien ne démontre que la méniscectomie améliore la gonarthrose, même si la souffrance méniscale est bien présente. Comme les auteurs le rappellent eux-mêmes, Herrelin et coll. ne retrouvent pas de bénéfice à 6 mois de la méniscectomie dans la gonarthrose par rapport aux traitements conservateurs.


Dr Laurent Laloux, JIM

Suter LG et coll.: Medical decision making in patients with knee pain, meniscal tear, and osteoarthritis. Arthritis and rheumatism (Arthritis Care & Research). 2009; 61: 1531-1538