L’hypertension touche un Belge sur huit
Publié par hammar le Mai 08 2010 00:54:31

Le nombre d’hypertendus a augmenté de 40 %, en dix ans. Dans certaines provinces, comme le Brabant wallon ou la Flandre occidentale, la proportion d’hommes ou de femmes qui en souffrent a même plus que doublé, entre 1997 et 2008.

Selon les dernières statistiques de l’enquête fédérale de santé, rendues publiques voici 10 jours par l’Institut scientifique de santé publique (ISP), le Royaume compte près de 1,2 million d’hypertendus : 13 % de la population adulte (15 ans et plus) présente une tension artérielle excessive. En dix ans, la proportion de personnes affectés par ce « tueur silencieux », qui ne se manifeste généralement par aucun symptôme, a augmenté de plus de 40 %, avec de fortes disparités, en fonction du genre, de la région et de l’âge.

Chez les femmes, c’est la Flandre qui enregistre la hausse la plus marquée de la prévalence de l’hypertension (+ 69 %). Chez les hommes, l’affection progresse davantage en Wallonie (+ 54 %).

Même si les taux régionaux ont tendance à se rejoindre, c’est toujours le sud du pays qui affiche les records de prévalence : désormais, un Wallon sur huit (12,3 %) et plus d’une Wallonne sur sept (15,1 %) font de l’hypertension artérielle.

Grave, Docteur ? Assez : l’hypertension est responsable d’environ 15.000 décès par an, en Belgique. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de la moitié des infarctus (58 %) et près de trois quarts des accidents vasculaires cérébraux (72 %) sont attribuables à l’hypertension.

La progression de la maladie, en Belgique, inquiète les experts : « Le vieillissement de la population n’est sans doute pas en mesure d’expliquer, à lui seul, une variation aussi importante à aussi court terme », commente le professeur Alexandre Persu, du service de pathologie cardiovasculaire des cliniques universitaires Saint-Luc, à Woluwe-Saint-Pierre.

Un constat que confirment les auteurs de l’enquête fédérale de santé : « La prévalence de l’hypertension chez les 25-64 ans affiche aussi des niveaux élevés, ce qui prouve que le vieillissement n’explique pas entièrement la progression de l’affection, précise Jean Tafforeau (ISP). Il faut le savoir pour mieux prévenir cette pathologie, qui entraîne des complications très sérieuses ».
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