Plus on fait de prostatectomies radicales, mieux on les réussit
Publié par La Pharmacienne le Mai 12 2010 00:39:23
La prostatectomie radicale (PR) est l’une des options pour traiter un cancer de la prostate (KP) intra-capsulaire. Mais ses effets indésirables sur la continence urinaire et sur la vigueur sexuelle font hésiter plus d’un candidat. La création de centres d’excellence, réalisant de très nombreuses PR chaque année, serait une des façons de s’assurer les suites les meilleures. Mais il faut des preuves solides pour déterminer une telle politique de santé centralisatrice dont les répercussions seraient vastes. Ce sont ces preuves que les auteurs australiens se proposent d’apporter.


Pour ce faire, ils ont compulsé toute la littérature sur le sujet publiée depuis 1997 (les RP ayant eu lieu entre 1989 et 2003).


Après une sélection sévère, ils n’ont retenu que 7 publications irréprochables et sans perles (encore que, si toutes mentionnaient le débit par hôpital (DOH), il n’y en avait que 2 qui fissent référence au débit par chirurgien (DOC). En ce qui concerne le DOH, on s’est accordé à considérer qu’il était bas au-dessous de 30 PR/an, moyen jusqu’à 60, et élevé au-delà, quoique certains auteurs eussent adopté des bornes différentes (6 et 20).


Quatre des 7 études trouvent une relation entre le DOH et la mortalité jusqu’à J30, qui reste de toutes manières minime, mais la mortalité à 10 ans n’est pas affectée par le DOH. Selon une des études, la PR en centre spécialisé sauverait une vie sur 500 par rapport à celle pratiquée dans un centre à bas débit.


Si on examine à présent les complications, elles seraient plus rares dans les centres d’excellence, mais la différence reste modeste (on passe de 32 % dans les centres à bas DOH à 30 % dans les centres de référence), et encore les sténoses tardives et l’incontinence résiduelle ne sont-elles nullement influencées par le lieu de la PR.


En revanche, la durée de séjour passe de 6 à 7 jours en fonction du DOH. Quant au coût, la seule étude qui s’y soit intéressée conclut qu’il est majoré de 500 $ (3 %) dans les centres à bas DOH.


Si on se concentre sur les 2 études qui ont étudié aussi le DOC, la mortalité est si faible que les différences ne sont pas significatives ; en revanche, les complications postopératoires précoces sont plus fréquentes en cas de DOC faible. Une étude trouve aussi moins de sténoses tardives, ce que ne confirme pas l’autre. La durée de séjour semble aussi réduite si la PR est réalisée par un chirurgien très expérimenté.



Dr Jean-Fred Warlin, JIM

Wilson A et coll. Radical prostatectomy: a systematic review of the impact of hospital and surgeon volume on patient outcome.