Urologie pédiatrique : quelques-unes des recommandations 2010
Publié par La Pharmacienne le Mai 20 2010 23:20:01
Si le testicule n’est pas descendu après l’âge de un an, il n’y a aucun bénéfice à attendre une descente spontanée. Un traitement chirurgical de la cryptorchidie sera donc proposé entre 12 et 18 mois et est d’autant plus important que le risque d’infertilité et de cancer testiculaire augmente avec le délai. Il est cependant parfois utile de proposer avant cet âge un traitement par hCG (6-8000UI en 4 fois durant 2-3 semaines) ou GnRH (1,2mg/jour en 3 dosages/j par voie nasale durant 4 semaines), mais le taux de succès n’est que de 20 % et est d’autant moins élevé que le testicule est situé plus haut. On ne connaît pas par contre l’impact des traitements médicaux sur la fertilité ultérieure.


Les hydrocèles disparaissent généralement spontanément, raison pour laquelle une chirurgie ne doit pas être proposée avant l’âge de 24 mois sauf en cas de hernie inguinale ou de pathologie testiculaire sous-jacente.


En cas d’épididymite, l’expectative armée se défend (repos, analgésiques), car une origine bactérienne n’est retrouvée que dans un cas sur quatre. Quant aux torsions testiculaires, elles doivent être prises en charge en première intention sans anesthésie et manuellement avant de proposer une orchidopexie toujours bilatérale et dans le délai le plus court possible.


Le traitement chirurgical d’un hypospadias doit être réalisé entre 6-18 mois. Il doit toujours veiller à préserver la vascularisation en tentant de réduire la courbure du pénis. Le résultat fonctionnel a beaucoup plus d’importance que le résultat esthétique.


La varicocèle peut être prise en charge par ligature des veines spermatiques internes au niveau inguinal ou suprainguinal en veillant à ne pas léser l’artère spermatique interne que l’on repèrera par angiographie. Le taux de récidive est de 10 % et le risque d’hypertrophie testiculaire ou d’hydrocèle bien présent. Pour cette raison, la varicocèlectomie préservant les lymphatiques est une alternative de choix.


Le traitement d’un phimosis peut être plastique (conservant une partie du prépuce) ou radical selon le choix des parents. Il est médicalement indiqué en cas de balanoposthite et d’infections urinaires récurrentes ainsi qu’en cas de phimosis non rétractable sous corticoïdes topiques après l’âge de 2 ans.


Quant au reflux vésico-urétéral, s’il faisait l’objet d’une chirurgie quasi systématique voici 25 ans, les choses ont radicalement changé depuis lors, le traitement étant souvent conservateur. Il passe également par la détermination du risque individuel et par une antibiothérapie prophylactique (certes controversée et qui doit être arrêtée en l’absence d’infection documentée sur une période de 12 mois). Le choix de la technique chirurgicale est individuel.


Dr Dominique-Jean Bouilliez, JIM

Tekgül S. Paediatric urology. Subplenary Session 11. EAU Guidelines Office. European Association of Urology (EAU) - 16 au 20 avril 2010 - Barcelone.