Épilepsie et grossesse sont compatibles
Publié par La Pharmacienne le Mai 26 2010 15:24:48
En France, environ 100.000 femmes en âge d'être mères sont épileptiques. Parmi elles, de nombreuses souhaitent avoir un enfant, mais hésitent et se posent beaucoup de questions. Elles s'interrogent notamment sur les conséquences de leur maladie sur le déroulement de leur grossesse et la santé de leur futur bébé. Elles se demandent aussi si le fait d'être enceintes risque ou non d'aggraver leur épilepsie. La lettre d'information de la Fondation française pour la recherche sur l'épilepsie , Recherches & perspectives , consacre un numéro complet à ce sujet et y présente les conclusions d'une grande étude menée l'an dernier à l'initiative de l'Académie américaine de neurologie.


Cinq mille bébés naissent, chaque année, dans notre pays, de femmes épileptiques, précise d'emblée le Pr Franck Semah (CHU de Lille). Selon ce neurologue, ces grossesses se déroulent sans complication dans 92 à 96 % des cas. Néanmoins, il s'agit de grossesses à risque qui nécessitent la mise en place de mesures préventives, dont, en général, une adaptation du traitement médicamenteux. La future mère devra donc être sous la double surveillance du neurologue et de l'obstétricien, même si l'étude américaine conclut qu'il n'y a pas d'influence significative de l'épilepsie sur le déroulement de la grossesse et de l'accouchement par rapport à la population générale et que le fait d'avoir un enfant n'influence pas l'évolution de la maladie.


En revanche, il existe des risques pour le foetus. "Pour l'essentiel, précise le spécialiste, il s'agit de risques de malformations congénitales et aussi, avec certains médicaments, des risques d'hémorragie pour l'enfant après la naissance." Les malformations se développent au cours du premier trimestre de grossesse. Les plus graves concernent le coeur, le squelette, les appareils digestif, rénal et urinaire, ainsi que le système nerveux (spina bifida). Ces problèmes sont essentiellement dus au passage des médicaments épileptiques - indispensables - du sang de la mère à celui du foetus, car ils peuvent, dans certaines conditions, perturber la division des cellules. D'où la nécessité d'adapter le traitement et de surveiller régulièrement la grossesse.


Le Point.fr