Détecter un cancer de la prostate
Publié par La Pharmacienne le Juin 17 2010 09:52:16
Pour qui ?

Tous les hommes âgés de 50 à 75 ans sont concernés. Avant 50 ans, le dépistage est recommandé chez les patients ayant une famille à risque, c'est-à-dire lorsqu’il existe trois cas de cancer de la prostate dans une même famille (père et/ou frère) ainsi que chez les patients d’origine africaine ou antillaise. Après 75 ans, le dépistage systématique n’est plus recommandé, car l’espé­rance de vie à cet âge est inférieure au laps de temps nécessaire à l’évolution d’un éventuel cancer de la prostate. Le toucher rectal et le dosage du PSA permettent de dépister un grand nombre de cancers. La biopsie permet de confirmer le résultat du dépistage.




Comment ?

Le toucher rectal

L’examen clinique de référence reste le toucher rectal. Il permet parfois de suspecter un cancer avant l’apparition des signes cliniques. Cet examen est préconisé une fois par an à partir de 50 ans. Pour les sujets présentant des antécédents familiaux, le toucher rectal est à réaliser dès l’âge de 40 ans. Le toucher rectal est le plus souvent réalisé au cabinet du médecin généraliste. Il consiste en l’introduction d’un doigt dans le rectum du patient. Au préalable, le patient doit avoir vidé sa vessie. Par ailleurs, il ne doit pas avoir présenté d’infections récentes.


Cet examen, inconfortable mais non douloureux, permet de palper les contours de la prostate à travers la paroi antérieure du rectum. L’objectif est de détecter une éventuelle excroissance en périphérie prostatique. En effet, en cas de cancer, la prostate peut présenter un aspect irrégulier et apparaît souvent rigide lors du toucher rectal. Une prostate normale ou sujette à un adénome présente un aspect continu et se montre beaucoup plus souple à l’examen. En cas de durcissement anormal, le médecin généraliste prendra alors la décision d’orienter le patient vers un urologue afin de procéder à des examens complémentaires.


Toutefois, il est important de noter que l’absence de durcissement au toucher rectal n’exclut pas un risque de cancer. C’est pourquoi le médecin traitant peut demander la réalisation d’un examen complémentaire visant à évaluer le taux de PSA du patient.



Le dosage du PSA

Le PSA, ou Antigène Spécifique de la Prostate, est une protéine synthétisée par la prostate et retrouvée normalement dans le sang. D’une manière générale, plus son taux est élevé, plus le risque de cancer est grand. Sa valeur est déterminée à l’aide d’une simple prise de sang. Le PSA n’est pas pour autant spécifique d’un cancer de la prostate. En effet, il est possible de retrouver un taux de PSA élevé dans d’autres situations qu’en cas de cancer : inflammation, infection, après un long trajet en voiture, rapports sexuels, acti­vité physique, toucher rectal ou cause indéterminée... Aujourd’hui, les experts s’accordent à dire qu’une valeur supérieure à 4 ng/ml doit entraîner la réalisation d’examens complémentaires. Toutefois, environ 20 % des patients atteints d’un cancer de la prostate ont un taux de PSA inférieur ou égal à 4 ng/ml. Ce dernier constat justifie la réalisation du toucher rectal quelle que soit la valeur du taux de PSA.


Le dosage du PSA peut être réalisé dans le cadre du dépistage, du pronostic et du suivi du cancer, ou encore en cas de troubles de la fonction urinaire. Il est également pratiqué en cas de toucher rectal « suspect ».


Le toucher rectal et le dosage du taux de PSA sont donc deux examens complémentaires dans le cadre d’une détection précoce du cancer de la prostate.




La biopsie prostatique

Il s’agit de l’examen complémentaire de référence. Si le doute persiste après le toucher rectal et le dosage du taux de PSA, une biopsie prostatique peut être demandée en association à d’autres examens complémentaires.


Cette technique passe par l’introduction dans la prostate, via le rectum, d’une aiguille guidée par un appareil appelé sonde d’échographie endorectale. Cette aiguille permet de prélever plusieurs fragments prostatiques à différents endroits de la glande. Les analyses en laboratoire rechercheront l’éventuelle présence de cellules cancéreuses. En cas de diagnostic positif, plusieurs informations supplémentaires telles que la structure de la tumeur ou son degré de différenciation* pourront être précisées. L’appréciation de ces éléments est capitale puisqu’elle conditionne le choix du traitement ultérieur.


Une biopsie prostatique peut être négative malgré la présence de cancer. Cette possibilité de "faux négatifs" amène à proposer une nouvelle biopsie si le doute persiste, en particulier la persistance de l'ascension de la valeur du PSA. Les biopsies prostatiques sont le plus souvent réalisées sous anesthésie locale, sans hospitalisation.


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