Cancer du poumon de stades précoces : quels facteurs peuvent conduire à récuser la chirurgie ?
Publié par La Pharmacienne le Août 19 2010 01:04:10



Le cancer bronchopulmonaire (CBP) primitif constitue l’une des plus fréquentes causes de décès par tumeur maligne dans de nombreux pays favorisés, dont les Etats-Unis. Le seul traitement efficace des cancers du poumon non à petites cellules peu évolués (stade I ou II) est chirurgical, car la polychimiothérapie n’a ici guère d’effet démontré.


En l’absence d’intervention chirurgicale, la durée médiane de la survie n’excède pas une année. Sur quels critères potentiellement modifiables repose l’indication chirurgicale ? C’est à cette question que tente de répondre une étude de cohorte prospective américaine dans laquelle ont été inclus 437 patients atteints d’un CBP probable ou prouvé par la biopsie, ceci entre décembre 2005 et décembre 2008. Avant le choix d’une stratégie thérapeutique, les participants ont été soumis à des questions ciblées portant sur les variables suivantes : qualité de la relation médecin-malade et de la communication, attitudes face au diagnostic de cancer, état fonctionnel et co-morbidités éventuelles.


Au total, seuls 386 patients, dont 29 % de race noire, ont finalement bénéficié d’une résection chirurgicale de leur CBP dans les 4 mois qui ont suivi le diagnostic. L’âge médian au sein de ce groupe était de 66 ans (extrêmes, 26-90 ans). L’intervention chirurgicale a concerné 66 % des sujets de race blanche, versus 55 % chez ceux de race noire (p=0,05).


Deux éléments ont joué contre la décision d’intervenir :

1) une perception négative de la communication entre médecin et malade ; odds ratio (OR) =0,42 ;
2) un pronostic à un an jugé défavorable (OR=0,27). La chirurgie a été particulièrement sous utilisée chez les patients noirs présentant au moins deux co-morbidités, soit 13 % versus 62 % (< 2 comorbidités ; OR=0,04) ou encore en l’absence de revenus fixes, soit 42 % vs 57 % dans le cas contraire (OR=0, 20).


Face à un CBP de stade I ou II, la décision d’opérer ou non dépendrait de plusieurs facteurs volontiers combinés : la perception négative de la communication ou du pronostic postopératoire, l’âge, les co-morbidités multiples et, pour finir, l’ethnie.


Dr John Sorri, JIM

Cykert S et coll. Factors Associated With Decisions to Undergo Surgery Among Patients With Newly Diagnosed Early-Stage Lung Cancer. JAMA 2010 ;303: 2368-2376.