Une femme meurt tous les deux jours suite à l'avortement en Brézil
Publié par Administrateur le Octobre 10 2010 16:45:52
L'avortement, qui a été propulsé au coeur de la campagne électorale pour le second tour de la présidentielle du Brésil, cache une statistique macabre: une femme meurt tous les deux jours de ses suites, selon les statistiques officielles publiées dimanche par le quotidien O Globo. L'avortement n'est autorisé que dans deux cas au Brésil: si la santé de la mère est menacée ou si la grossesse est le résultat d'un viol. Selon les données du Service unique de santé (SUS, public), une femme avorte toutes les 33 secondes au Brésil, et l'avortement clandestin tue une Brésilienne tous les deux jours. Deux cents décès, en moyenne, résultent d'avortements clandestins tous les ans. L'enquête nationale sur l'avortement (PNA) réalisée cette année par l'Université de Brasilia a montré également qu'une femme sur cinq de 18 à 40 ans avait déjà avorté dans le pays. Une étude menée par l'Université de Sao Paulo (USP) a révélé par ailleurs que le curetage avait été l'opération la plus fréquente de 1995 à 2007 dans le pays, totalisant 3,1 millions. Selon les estimations officielles, pour chaque avortement qui se solde par une hospitalisation, quatre sont pratiqués de façon clandestine et dangereuse pour les femmes. Le nombre d'avortements est en diminution dans le géant sud-américain, mais le problème constitue encore 15% des décès pour les mères. "Il n'est pas exagéré de réitérer qu'il s'agit d'un problème de santé publique", a déclaré à O Globo, Greice Menezes, de l'Institut de santé collective de l'Université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ). Dilma Rousseff, la dauphine du président Luiz Inacio Lula sa Silva, a perdu des voix au premier tour de la présidentielle le 3 octobre au profit de l'écologiste et évangéliste Marina Silva, après une campagne sur internet et dans les églises rappelant sa position favorable à l'interruption volontaire de grossesse "pour des raisons de santé publique". Elle a remporté 46,9% des suffrages exprimés contre 32,1% à Jose Serra. Marina Silva a obtenu 19,3% des voix et entraîné un ballottage. Ses vingt millions de voix, dont celles de nombreux chrétiens, sont devenues cruciales pour le deuxième tour le 31 octobre et l'avortement est devenu l'un des principaux thèmes de la campagne.