Risque probablement accru de diabète sucré dans les rhumatismes inflammatoires
Publié par La Pharmacienne le Février 02 2011 07:09:35
Les maladies cardiovasculaires (MCV) sont une cause importante de morbi-mortalité dans plusieurs maladies rhumatismales telles que la polyarthrite rhumatoïde (PR) et le rhumatisme psoriasique (RP). Le diabète est étroitement associé aux MCV, en particulier aux infarctus du myocarde, aux accidents vasculaires cérébraux et à l’ischémie des membres inférieurs...
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Les maladies cardiovasculaires (MCV) sont une cause importante de morbi-mortalité dans plusieurs maladies rhumatismales telles que la polyarthrite rhumatoïde (PR) et le rhumatisme psoriasique (RP). Le diabète est étroitement associé aux MCV, en particulier aux infarctus du myocarde, aux accidents vasculaires cérébraux et à l’ischémie des membres inférieurs. Or, un certain nombre d'études montrent que la résistance à l'insuline est augmentée dans la PR. De plus, l'inflammation semble intimement liée à l'insulinorésistance, la dyslipidémie voire à l’hypertension artérielle. Il n’existe que deux études mettant l'accent sur le risque de diabète sucré (DS) au cours de la PR. L’une a montré un odds ratio (OR) de 1,4 pour le DS dans une cohorte de PR par rapport aux sujets contrôles. Une autre n’a retrouvé aucun risque accru de DS. Plusieurs études ont par contre montré un risque augmenté de DS au cours du RP et/ou du psoriasis (PSO).


Les auteurs de ce travail ont étudié le risque de diabète sucré (DS) chez les sujets atteints de PR, de RP et/ou de PSO versus des témoins indemnes de pathologies rhumatismales. Une attention particulière a été accordée au risque lié à l'âge, au sexe, ainsi qu’à l'utilisation de certains médicaments comme par exemple les corticoïdes.


Il s’agit d’une étude de cohorte comprenant 48 718 sujets atteints de PR, 40 346 de RP et/ou PSO et 442 033 témoins.


L'OR pour le DS chez les sujets atteints de PR était de 8,6 pour 1 000 personnes-années (IC 95 % : 8,5 à 8,7), de 8,2 pour le RP/PSO (IC 95 % : 8,1 à 8,3) et de 5,8 pour les contrôles (IC 95 % : 5,8 à 5,8). Le rapport de hasard (risque relatif de survenue d’un résultat dans une analyse réalisée à l’aide du modèle de Cox tenant compte de l’influence des covariables) comparativement aux témoins était de 1,5 (IC 95 %: 1,4 à 1,5) pour la PR et de 1,4 (IC 95 %: 1,3 à 1,5) pour le RP/PSO. Une limitation importante de cette étude était le manque d'informations sur l'indice de masse corporelle des sujets inclus et leurs antécédents familiaux éventuels de DS.


Les auteurs concluent que la PR et le RP/PSO semblent être associés à un risque accru de DS. D’autres études évaluant la capacité des traitements antirhumatismaux à renverser cette tendance sont nécessaires. Une surveillance accrue des malades souffrant de PR ou de RP/PSO est de rigueur compte tenu de l’éventuel lien entre ces pathologies et le risque de diabète sucré.


Solomon DH et coll. : Risk of diabetes among patients with rheumatoid arthritis, psoriatic arthritis and psoriasis. Ann Rheum Dis 2010;69:2114-2117

JIM