Sida: le prix des médicaments baisse dans les pays pauvres
Publié par MedeSpaceNews le Juillet 14 2011 13:26:06
À l'initiative d'Unitaid, le laboratoire Gilead renonce à quatre de ses brevets pour certains pays.

La fondation suisse Medicines Patent Pool, créée en 2010 par Unitaid, a signé mardi un premier accord de licence pour la production de médicaments contre le sida à bas prix dans les pays pauvres. Par cet accord, le laboratoire pharmaceu­tique américain Gilead, une des firmes les plus innovantes dans la recherche contre le sida, renonce, pour certains pays, à ses brevets sur quatre molécules, dont deux ne sont pas encore sur le marché. Les fabricants indiens de génériques vont pouvoir ainsi produire et combiner des copies à bas prix des traitements anti-VIH de ­Gilead et les commercialiser dans les pays les plus pauvres. Cet accord ne concerne pas les marchés émergents comme le Brésil, où Gilead négocie des prix moins hauts que dans les pays occidentaux.

«Pour la première fois, les malades du sida des pays en développement vont avoir accès aux mêmes médicaments que ceux vivant dans les pays riches», se félicite Philippe Douste-Blazy, directeur d'Unitaid. Cette organisation, dont les fonds proviennent d'une taxe sur les billets d'avion levée dans quinze pays, a pour objectif de faire baisser le prix dans des médicaments contre le sida, le paludisme et la tuberculose. L'accord signé mardi est important aussi pour les associations de malades. «Rendre accessible les meilleurs standards de soins dans les pays les plus pauvres va révolutionner le monde de la santé mondiale», estime Emmanuel Trénado, directeur des programmes internationaux d'Aides, une des dix associations françaises.
5% de gain sur les génériques

Le seul traitement accessible actuellement dans les pays du Sud est le Triomune, pour un montant de 50€ par an, soit 80 à 100 fois moins qu'un traitement moyen au Nord. «Mais cet antirétroviral est ancien - il a été mis au point il y a une quinzaine d'années -, il a de nombreux effets secondaires et il n'est efficace pas plus de deux à trois ans», souligne Trénado. L'Organisation mondiale de la santé recommande même de ne pas l'utiliser. Merck ainsi que Johnson & Johnson, deux autres laboratoires ayant des médicaments contre le sida dans leur catalogue, n'ont pas accepté les propositions de Patent Pool. Pourtant, le coût de chacune de leurs molécules (un peu plus de 700€ par an et par patient) est tellement élevé qu'ils ne vendent que quelques dizaines de boîtes en Afrique. En acceptant de génériquer leurs produits, ils auraient des rentrées financières, l'accord prévoyant que le concepteur touche 5% sur les génériques

Source:lefigaro;fr