Surpoids : les régimes vedettes mal notés
Publié par MedeSpaceNews le Mai 10 2012 16:25:54
La méthode la plus efficace pour maigrir consiste à manger varié en évitant le grignotage et en réduisant les apports en graisses et en sucre.

Régime sans féculents, sans lipides ou sans sucres rapides, cure de protéines, méthode de l'horloge «biologique», substituts de repas, coaching… La liste des recettes pour maigrir est si longue que seuls les spécialistes sont en mesure de l'énumérer. Lancée en 2009 pour étudier les comportements alimentaires des Français, l'étude épidémiologique NutriNet-Santé (1) a entrepris de comparer l'efficacité de ces régimes en interrogeant ceux qui les suivent. Les premiers résultats de cette enquête sont publiés jeudi 10 mai. «L'étude montre que certains régimes peuvent avoir un effet spectaculaire sur le moment, mais qu'ils ne sont pas efficaces sur le long terme», indique le Pr Serge Hercberg (université Paris XIII-Inserm), responsable de l'étude.

Pour pouvoir comparer les régimes amaigrissants, les chercheurs les ont classés en quatre catégories. Dans la première, ils ont rangé toutes les méthodes «commerciales» préconisant une restriction calorique, la suppression de certains aliments ou la consommation quasi exclusive d'un aliment sur une période donnée. 31 % des sondés ont déclaré avoir suivi l'un de ces régimes «coup-de-poing» au cours des trois dernières années. La méthode du Dr Dukan, un régime protéique progressif, est de loin la plus citée. On retrouve également dans cette liste la méthode du Dr Cohen, ou la «chrononutrition», dont le principe est de réserver la consommation d'aliments à certains moments de la journée. La soupe aux choux est citée par 3 % des sondés.

Dans la deuxième catégorie ont été inclus les régimes inspirés de ces méthodes, mais «faits maison». «23 % des participants, majoritairement des hommes, déclarent en effet avoir pris la décision d'éliminer un type d'aliment ou de réduire leurs portions, sans obéir à une méthode particulière mais en interprétant le discours ambiant», note le Pr Hercberg.
Satisfaction à long terme

Troisième catégorie, 10 % des participants à l'enquête ont suivi un programme de coaching associant alimentation équilibrée et activité physique, comme Weight Watchers. Pour finir, 35 % ont cherché à maigrir en appliquant les recommandations nutritionnelles officielles: privilégier une alimentation variée, réduction des quantités, suppression du grignotage, réduction des graisses et des sucres rapides, etc.

En termes d'efficacité, c'est cette quatrième catégorie qui donne le plus de satisfaction à long terme: 76 % des personnes ayant suivi les recommandations nutritionnelles globales jugent ce régime efficace, avec une perte de poids maintenue après six mois. Supprimer les graisses et suivre un programme type Weight Watchers sont également bien notés. A contrario, les régimes restrictifs commerciaux ou «faits maison» donnent les résultats les moins bons à long terme, mais sont jugés plus efficaces à court terme. Ces méthodes sont aussi celles qui sont perçues comme les plus difficiles à suivre et les plus frustrantes, même si elles restent globalement bien tolérées. «Les personnes qui multiplient les régimes sont celles qui les jugent le plus sévèrement sur la durée», relève Serge Hercberg.
Deux femmes sur trois voudraient être plus minces

Ces derniers mois, plusieurs rapports publics se sont prononcés sur l'opportunité de suivre des régimes de type restrictif. En octobre dernier, la Haute Autorité de santé les a déconseillés, au profit d'un changement durable des habitudes alimentaires et d'une incitation à l'activité physique. La HAS recommande aux médecins de mettre en garde leurs patients contre la spirale des régimes, à l'origine de fluctuations de poids qui peuvent être dangereuses pour la santé.

L'enjeu pour la santé publique est de taille. L'étude NutriNet met en effet en évidence le rapport compliqué des Français(es) à leur corps. Deux femmes sur trois et un homme sur deux souhaiteraient ainsi être plus minces. «Même lorsqu'ils ont un poids qu'un médecin jugerait normal, 58 % des femmes et 27 % des hommes aimeraient peser moins, souligne le Pr Hercberg. Cela doit nous interpeller sur l'idéal minceur qui continue à être promu par notre société.»

Quelque 18.000 participants à l'étude déclarent avoir suivi au moins un régime au cours de leur vie. Dans ce sous-échantillon, plus d'une femme sur quatre et un homme sur sept ont suivi plus de cinq régimes et certains sont allés jusqu'à dix. Les femmes, qui sont plus préoccupées par leur poids que les hommes, le sont aussi plus précocement: 36 % d'entre elles ont tenté de maigrir pour la première fois entre 15 et 25 ans.

(1) 223.000 adultes sont actuellement inclus dans cette étude qui étudie les liens entre nutrition et santé. L'appel au volontariat est prolongé sur le site www.etude-nutrinet-sante.fr.

lefigaro.fr