Sujet de la discussion : MedeSpace.Net :: Cancer de la prostate...!

Publié par M Benatta le 17-01-2013 18:46
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Damien Mascret rappelle dans Le Figaro que « le dépistage du cancer de la prostate par le dosage du PSA est aussi largement pratiqué qu'il est controversé en France », et fait savoir qu’« une étude publiée dans le British Journal of Urology International risque fort de relancer le débat ».
Le journaliste relève ainsi que « les auteurs ne suggèrent pas de faire moins de dosages de PSA, mais au contraire d'en faire davantage ! Justement parce que «l'utilisation d'un seul dosage de PSA pour le dépistage du cancer de la prostate est controversée étant donné le bénéfice discutable en termes de mortalité», explique le Pr Lauren Wallner [université de Yale], qui a dirigé ce travail pour Kaiser Permanente, l'un des plus grands organismes de soin américain ».
Damien Mascret note en effet qu’« il est difficile de distinguer les cancers à évolution lente pour lesquels l'abstention thérapeutique est possible, des cancers à évolution rapide, dits «agressifs», qui nécessitent plutôt un traitement, chirurgical ou autre. Or, l'augmentation rapide du taux de PSA serait prédictive d'un cancer agressif ».
Le journaliste explique que l’étude « a analysé l'influence d'un paramètre, déjà étudié sur des groupes ciblés, la vélocité du PSA, autrement dit la rapidité de variation du taux au fil des dosages pour un même patient. [Les auteurs] s'appuient sur l'analyse du dossier de 220.000 hommes de plus de 45 ans, initialement indemnes de cancer de la prostate et ayant bénéficié d'au moins 3 dosages de PSA sur une période de 10 ans ».
« En l'absence de cancer, le PSA n'augmente que modérément au fil des ans et les dosages répétés ne font pas mieux qu'un dosage unique pour prédire l'apparition d'un cancer de la prostate, toutes formes confondues. En revanche, l'augmentation nette permet de prédire avec fiabilité l'apparition d'un cancer agressif », souligne Damien Mascret. Le Pr Wallner écrit ainsi : « Notre étude démontre que des mesures répétées du taux de PSA peuvent représenter une stratégie de détection plus précise et plus adaptée des cancers de prostate les plus agressifs ». Damien Mascret précise que « multiplier les dosages de PSA conduirait aussi à augmenter le nombre de faux positifs. D'un autre côté, en faire moins n'est pas forcément la bonne stratégie : en l'absence de dépistage en population générale, le nombre de cancers de la prostate diagnostiqués à des stades avancés (métastatiques) triplerait, selon une modélisation de la société américaine d'urologie oncologique publiée l'été dernier ».