Lutte contre la toxicomanie Un fléau banalisé
Publié par hammar le Mai 28 2009 10:46:23
La toxicomanie touche 5% de la population mondiale, dont 34 millions pour le seul continent africain et 20 millions dans le monde arabe...

Nouvelles étendues

La toxicomanie touche 5% de la population mondiale, dont 34 millions pour le seul continent africain et 20 millions dans le monde arabe.

Chiffres effrayants, avancés par Dr Nourreddine Mezhoud, enseignant à l’institut de psychologie, sis à la nouvelle ville Ali Mendjli, lors d’une conférence-débat organisée mercredi dernier par l’unité de psychologique et l’association des psychologues de la wilaya de Constantine.

La communication, abritée par la salle Rezik Kacem du CHU Benbadis, a eu pour thème « La toxicomanie ». Ce fléau, « qui ravage notre pays », est complètement absent des statistiques algériennes, selon le conférencier, qui déclare à ce sujet : « Je n’ai pas de statistiques relatives à ce sujet ; l’Algérie est le seul pays qui ne divulgue pas de chiffres concernant ses maux sociaux. » « Tout va bien chez nous, ajoute-t-il avec dérision, il n’y a ni drogue, ni sida, ni prostitution… il y a de la récupération politicienne ! » L’interlocuteur précisera que la toxicomanie est un problème de santé publique en Algérie, affirmant que les dealers sévissent devant les écoles et dans les quartiers au vu et au su de tous.

Il évoquera différentes formes de toxicomanie, en particulier celle touchant les jeunes, frange vulnérable face aux problèmes affectifs, chocs psychologiques, tabous et interdits... ils se droguent avec des détergents, de la colle, des cachets, du kif… « Nous assistons à une banalisation dramatique des fléaux sociaux, dès lors que la société est menacée dans ses fondations mêmes ; la drogue enrichit des individus sans foi ni loi et tue nos enfants », poursuit-il. D’autre part, des centres de désintoxication, au nombre de 53, devront voir le jour au niveau du territoire national, comme assuré par Dr Sadek Benouakta, psychiatre à l’hôpital de Djebel Ouahch. D’après ce dernier, deux centres sont en projet, un à Constantine et le 2e à El Khroub. Toutefois, aucune précision n’a été donnée à ce propos. Le conférencier, Dr Nourreddine Mezhoud, rappellera qu’ « il ne faut pas se leurrer à attendre la réalisation de ces centres, il faut agir d’urgence ».

Il préconisera « la création d’appartements avec cycles de formation, la prévention et la sensibilisation au niveau des quartiers via les associations ». Ces interventions ont été suivies par un débat, entre autres, le témoignage d’un homme de 37 ans qui parlera courageusement de ses tourments d’ancien drogué, et de sa guérison, grâce à sa volonté de s’en sortir et l’aide de certains psychothérapeutes au niveau local.

el watan